dscn2210Ça pique le palais tous ces mots. Ces soleils jetés dans la bouche comme des bonbons acidulés. Ça en devient presque écœurant. Pourtant c’est bien le sucre qui coule au fond des gorges et les trous de lumière quand seuls les yeux grandissent. On les sent, les regards vides derrière les branches. On les veut rassurants, solides et amicaux, mais ils ne sont qu’inventions. Alors oui, ça pique et les mots ont peur du noir et on ne trouve rien à dire pour rassurer et consoler et perdre enfin le balisage de ce foutu chemin. On ne trouve rien à dire aux feuilles qui bruissent fort, aux claquements mécaniques des pierres, à ces empreintes un peu merdeuses qui garantissent le bon sens de la marche, ou alors pas du tout. C’est-à-dire que nos langues l’ignorent.

Editions La Porte, 2014.

Pour plus d’informations: Yves Perrine, La Porte 215 rue Moïse Bodhuin 02000 LAON

On peut lire des chroniques du livret par Claude Vercey ICI, par Patrice Maltaverne ICI, par Jacques Morin dans le n°163 de Décharge ICI, par Jean-Pierre Lesieur dans le n°59 de Comme en poésie ICI et par Valérie Canat de Chizy sur Terre à ciel ICI.

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