Livrets

Angles morts, La Porte, 2016

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On recommence à peine

cartons dans le grenier
clic
des fusils d’assaut

rires étouffés
en pleurs
presque silence

on le connait ce refrain-là
grognements en dedans
îlots à la dérive

continents en éponge
comme imbibés
de temps

on connait ça par coeur

friture progressive
chuchotis
sous les combles

voix de l’enfance
jamais tues.

Editions La Porte, 2016.

Livret à commander auprès d’Yves Perrine, La Porte 215 rue Moïse Bodhuin 02000 LAON (3,80 € le livret, 21€ l’abonnement à 6 n°).

Notes de lectures:

Par Dominique Boudou (Jacques Louvain), Patrice Maltaverne (Poésiechroniquetamalle), Jacques Morin (Revue Décharge) et Claude Vercey (Décharge)

Livrets

Plein phare, La Porte, 2015

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Retrouver par erreur le rythme hachuré des ressacs. Le cliquètement des galets au fond de l’aquarium. Un mot d’excuse sur la fenêtre. L’écume vide de corps. S’essuyer au matin les yeux sur un ciel propre. Vivre plus haut, en sentinelle. On est neuf à présent. Pas apaisé, pas même rafistolé. Neuf. On boit la tasse, et le sirop du jour a comme un goût d’enfance. Le sable grince entre les dents. Les toits recrachent quelques nuages. Le silence se tasse. On presse. On déblaie. Mais ça ne finit pas. Ça gronde à l’intérieur. Ça bouscule plus que parole, bris de tempête, eau raturée de chair. Ça va. Ça vient. Ça pique l’eau d’ombres salées, assaisonne l’océan de petites peurs redoutables.

Editions La Porte, 2015.

Livret à commander auprès d’Yves Perrine, La Porte 215 rue Moïse Bodhuin 02000 LAON (3,80 € le livret, 21€ l’abonnement à 6 n°).

Notes de lecture:

Par Patrice Maltaverne (Poésie chronique ta malle), Jacques Morin (Décharge 167), Marie-Josée Desvignes (Autre monde), Samuel Dudouit (Paysages écrits), Etienne Ruhaud (Page paysage), Antoine Emaz (CCP) et Philippe Leuckx (Francophonie Vivante).

Livrets

Il y a ici le vent, La Porte, 2014

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ça pique le palais tous ces mots. Ces soleils jetés dans la bouche comme des bonbons acidulés. Ça en devient presque écœurant. Pourtant c’est bien le sucre qui coule au fond des gorges et les trous de lumière quand seuls les yeux grandissent. On les sent, les regards vides derrière les branches. On les veut rassurants, solides et amicaux, mais ils ne sont qu’inventions. Alors oui, ça pique et les mots ont peur du noir et on ne trouve rien à dire pour rassurer et consoler et perdre enfin le balisage de ce foutu chemin. On ne trouve rien à dire aux feuilles qui bruissent fort, aux claquements mécaniques des pierres, à ces empreintes un peu merdeuses qui garantissent le bon sens de la marche, ou alors pas du tout. C’est-à-dire que nos langues l’ignorent.

Editions La Porte, 2014.

Pour plus d’informations: Yves Perrine, La Porte 215 rue Moïse Bodhuin 02000 LAON

On peut lire des chroniques du livret par Claude Vercey ICI, par Patrice Maltaverne ICI, par Jacques Morin dans le n°163 de Décharge ICI, par Jean-Pierre Lesieur dans le n°59 de Comme en poésie ICI et par Valérie Canat de Chizy sur Terre à ciel ICI.

 

Livrets

La légèreté des cendres, Clapàs, 2010

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« Ecrire la mort, c’est guetter le mot qui viendra nous réduire en poussière. L’oeuvre poétique est existence et justification de cette existence en elle-même. Quand le poète incarne son texte, il ne peut trouver – au fond de l’abîme – autre chose que lui-même. Ainsi l’expérience de la poésie est étroitement liée à celle de la disparition. Le poème est donc un seuil étroit entre la vie et le trépas, ou comme dirait René Welter, un « mot à la limite ». Et le poète au regard cendre se meut toujours sur une lame à double tranchant. Contre la mort, l’espérance en oblique sous le silex humain ». Laurent Fels, extrait de la Préface.

La légèreté des cendres, éditions Clapàs, collection Franche Lippée, 2010.

Préface de Laurent Fels

Livrets

Peut-être à minuit, -36° édition, 2010

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Jean-Baptiste Pedini erre dans la ville, la nuit, et se trouve pris dans le tourbillon d’un tambour de machine à laver. D’essorages en rinçages, les murs, les trottoirs, les passants restent muets de ces lessivages, puis tout recommence dans l’amnésie générale du temps qui passe.

Peut-être à minuit, -36° édition, collection 8pA6, 2010 (épuisé)

Couverture: photo de Sylvain Thomas.