Tout se détend après la nuit. Les enfants rient, rampent tant bien que mal dans une lumière tiède, cherchent à saisir le soleil comme l’encre d’un rêve. Tout se détend, et pourtant quelque chose rature l’horizon. Le vent vient part à-coups mais curieusement personne ne regarde le ciel. C’est ici que l’on est. Les mains sales. Un trou dans la langue. Le cœur recomposé comme un patchwork de peurs et de nuages bas, de tendresses, d’éclaircies éphémères, de chutes de clarté. Tout se détend et se réchauffe et déjà on redoute le premier degré. Le brouillard. Les fumées noires sans feu. On ouvre les fenêtres mais on n’y voit plus rien. Juste la Une frissonnante d’un matin de janvier.

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