Le matin tousse discrètement. La lumière entre au goutte à goutte pour surprendre l’enfance, pour l’étouffer dans son sommeil avec un grand ciel blanc. Tout est pauvre alors. Tout manque. Quelqu’un ouvre la fenêtre et cette fois on ne dort pas. On fait semblant.

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C’est un soupir en surface ou un long sifflement ou l’or au pli des roches ou le peu de distance. On peut creuser plus loin, saisir un bout de ciel sous la calotte de l’attente. Un antidote au quotidien, cette lumière ocre que l’on prélève comme un sérum.

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Il se fait tard. Une déchirure s’opère entre la plage et l’océan. Un cargo met le cap à l’ouest. Plein gaz. Tout s’apaise à présent. Tout est comme dépouillé: la longue-vue du temps et la sirène du cargo et la falaise et les ressacs et leur laisser-aller.

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Tout semble encore en place: la voûte large, l’idée de fuite, les lendemains noirs qui remplissent les sacoches. Parfois certains s’échappent et rampent loin derrière et restent comme ça. Longtemps. Jusqu’à ce que les rapaces viennent leur tourner autour. C’est tout. Ils dîneront de peu.

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