coverA la lecture de Ces bus qui n’arrivent pas, nouvelle publication de Guillaume Siaudeau aux éditions La matière noire, on retrouve avec plaisir la force et la tendresse de cette poésie brève, fortement imagée. On avance dans le livre, comme dans les couloirs d’un musée, à regarder avec mélancolie de petites toiles tantôt sombres, tantôt lumineuses. Même si les deux ne sont jamais très éloignés dans les poèmes de Guillaume. Le poète nous sert ici de guide et nous précède de quelques pas, « le passé/tel un chewing-gum/sous la chaussure ». Ça colle et ça couine et on comprend que ce temps qui déraille est certainement la cause de ces bus qui n’arrivent jamais. « le passé et moi/jouons régulièrement/au chat et à la souris/Il gagne souvent ». Plafond noir . Émotion brute. Les pièces nous semblent peu à peu familière. Moment de doute. Mélancolie du quotidien, quand « la nuit est un burin » et que « les espoirs tombent/en miettes ». Quand « ce matin ressemble/à un croque-mort/qui sourit ». Finalement on se disperse à la sortie, des images plein la tête, un peu plus lourd de quelques grammes (de cœur?) et « chacun s’en retourne/vers son ennui ». Mais là encore, et c’est là que s’exprime tout le talent du poète, la lumière (l’espoir) n’est jamais très loin. « les secondes glissent/tu les rattrapes au vol ». L’essentiel est sauvé.

Ces bus qui n’arrivent pas de Guillaume Siaudeau, éditions La matière noire.

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