On s’arrache les cheveux
vent fou 
vent grelotant
 
dans le feu
peau qui claque
le murmure des absents
des corps nus
de l’enfance
 
l’eau dans un coin de ciel
 
on dévore la poussière
on en goûte des nuits
plus blanches
et plus lointaines
 
plus désertiques encore
 
on en découvre des nuits
aussi sales
aussi sèches
que le béton des rues
 
terres grises
à perte de vue
tout juste cicatrices
 
tout aussi bien tonsures
frissons
du premier soir
 
on s’accroche alors
aux dernières piqûres d’ombre
au silence
au chaos
à l’odeur de la pluie
 
on se raccroche alors
au cliquetis des branches
 
à celles
qui nous rapprochent
 
nous laissent vides
en-dedans.
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